Hors Limites Architecture

CONCOURS MUSEE GUGENNHEIM HELSINKI

pers exterieure couchant
pers exterieure nuit
Vue entree
Vue allee mur tableaux
Vue billetterie
Vue travee
Vue bar
Vue travee
PLAN MASSE
PLAN-COUPE SALLES
COUPE Trans

Maitre de l'Ouvrage : VILLE d'HELSINKI - FONDATION GUGGENHEIM

Surface : 12 000 m² Coût : 110 M€

Missions : Concours – projet non retenu Dates : 2014

Helsinki

Le 23 juin 2019

Chère amie,

Je suis arrivé hier soir en bateaux à Helsinki pour visiter ce nouveau musée Guggenheim.
Après une traversée un peu mouvementée c’est à l’approche de la côte que j’ai aperçu à la
tombée de la nuit son étonnante tour phare. En rentrant lentement dans le port, le musée m’est apparu au raz de l’eau, flottant au dessus du sol et de la mer. Une étrange lumière dorée venant de l’intérieur, en contraste avec la couleur bleuté et irisante de sa couverture, renforçait l’impression de lévitation de cette fine plaque métallique recouvrant le musée.
Le lendemain matin en arrivant du centre ville par le nord, les rayons du soleil rasant venant de l’est se réfractaient à travers la multitude de poteaux en verre.
Ces poteaux supportent une nappe dentelée constitué d’une structure tridimensionnelle en
bois.
L’entrée est délicatement marquée par une légère ondulation de la rive nord du rectangle de la toiture, permettant de percevoir la tranche de la charpente.A ce moment j’ai pris conscience de la nature de l’enveloppe de la tour-phare.
C’est la tôle d’aspect givré qui remonte autour de la tour pour laisser en son extrémité apparaître petit à petit son squelette de bois. Un escalier hélicoïdal inséré dans cette charpente passe au travers de plateaux de bois aux différentes inclinaisons découvrant ainsi progressivement les anneaux lumineux dont j’avais ressentis la veille au soir son aspect magique.

En entrant j’ai découvert en contrebas sa grande nef aux multiples revêtements de bois.En descendant lentement par de larges escaliers l’on prend toute la mesure de la légèreté de la toiture soutenu par les poteaux en verre. En intégrant les ascenseurs, la structure de la tour-phare fait le lien avec le sol et avec le niveau intermédiaire de l’accueil.C’est sur cette mezzanine que l’on trouve la billetterie, les vestiaires et la boutique du
musée.

De ce niveau intermédiaire on embrasse d’un seul coup l’ensemble de l’espace de cette nef éclairée naturellement par une longue verrière et l’on perçoit naturellement l’organisation des différents accès aux expositions. Des œuvres monumentales flottent dans cet espace à leurs mesures.
Une fois passé le contrôle je suis descendu en escalators au niveau des salles d’exposition percevant à ma gauche ces falaises de bois se reflétant dans l’eau des bassins linéaires.Au bout de la perspective un volume bombé de bois sombre et lustré abrite une salle modulable aux multiples activités. L’intérieur de cette salle est éclairé naturellement par un puits de lumière évasé. L’enveloppe extérieure cintrée de ce puits remonte jusqu’à la toiture en marquant le deuxième point d’accroche avec le sol de celle-ci.

De part et d’autre de la nef, deux grandes surfaces d’exposition ont été recoupées pour accueillir les différentes œuvres des expositions permanentes et temporaires. Après avoir déjeuné à midi au rez de chaussée au pied de la tour-phare dans le café qui s’ouvre sur le port, j’ai découvert en libre accès les différentes expositions situées sous la toiture entre les poteaux de verre dont le concours de fin d’année des étudiants de la « AaltoSchool of Art and Design ».

J’ai pu, après avoir découvert les œuvres des expositions temporaires et assisté à une performance dans la salle modulable l’après midi, manger le soir au restaurant gastronomique sur la mezzanine profitant des reflets dynamique derniers rayons du soleil à travers les poteaux de verre.

En bouquet final j’ai écouté après le diner un fabuleux concert de Joona Toivanen dans la grande nef accompagné par un jeu de lumière interactif surprenant mettant en scène l’ensemble des éclairages de la sous-toiture, des poteaux en verre et des sources lumineuses de la tour-phare.

Tu avais raison de me dire que ce musée ne devait pas être pour Helsinki un symbole formel comme celui de Bilbao.
Ce musée, par sa pureté discrète extérieure en contraste avec son intérieur d’une esthétique chaleureuse et raffinée, par sa capacité d’accueil d’expositions et de manifestations et par sa forte appropriation de la population et des artistes, offre à Helsinki et la Finlande un symbole culturel en harmonie avec l’esprit nordique.

Je t’écrirais plus tard pour te raconter les différentes expositions que j’ai pu voir dans ce musée.


Je t’embrasse

Franck